Le premier trimestre 2026 a été marqué par une instabilité géopolitique rare, culminant avec le conflit en Iran début mars. Dans ce contexte de forte volatilité, la stratégie d’actions européennes « Mission Europa » a su naviguer au mieux ces turbulences de marché. Alors qu'un cessez-le-feu fragile a été signé le 8 avril, nous faisons le point sur la stratégie du portefeuille avec son gérant principal Anthony Penel.
La stratégie « Mission Europa » s’est particulièrement bien comportée pendant toute la durée du conflit en Iran. Comment avez-vous géré la volatilité et quels ont été les principaux moteurs de performance du portefeuille ?
Le succès de la stratégie repose essentiellement sur son ADN : la souveraineté européenne. Il est en effet important de rappeler que « Mission Europa » n’est pas une stratégie dédiée uniquement au secteur de la défense, mais un portefeuille diversifié autour de quatre piliers : Sécurité, Compétitivité, Innovation et Finance. Ainsi, un thème peut en compenser un autre et cette complémentarité porte ses fruits.
Durant le trimestre écoulé, le secteur de l’énergie nous a été très profitable. Nous avions sélectionné dès la création de la stratégie les pétrolières Repsol (Espagne) et ENI (Italie)1 car ces sociétés assurent à l’Europe l’approvisionnement d’une partie de ses produits pétroliers grâce à leurs raffineries localisées en Ibérie et en Italie (carburants, naphta pour la chimie, ou bitume pour les travaux publics). Durant la crise du 27 février au 7 avril, ces titres ont bondi de plus de 25 %, quand le marché (MSCI EMU) reculait de 7 %1.
Nous avons également bénéficié de notre stock picking (sélection de titres) sur les biens d’équipement (Capital Goods). Malgré la baisse du secteur, nos titres de défense comme Exail, Hensoldt, Exosens, Avio, Leonardo ou Thalès1 ont agi comme des amortisseurs. Par ailleurs, les bourses Deutsche Börse et Euronext, au cœur du financement de la souveraineté européenne, sur le thème des IPO, présentent également un profil très défensif dans des marchés volatils.
Ainsi, sur le premier trimestre 2026, les cinq principales contributions positives à la performance du portefeuille proviennent de trois sociétés du secteur énergétique (Repsol +60% ; ENI +56% ; GTT +30%)1, ainsi que d’une société de défense (Exail +46%)1 et une société du thème de l’innovation (BESI +34%)1. À l'inverse, la sous-performance s'est concentrée sur les logiciels (Dassault Systèmes -28 %, SAP -29 %)1 et la santé avec Novo Nordisk1 (-27 %), pénalisés par des perspectives de bénéfices décevantes.
Compte tenu des récents développements au Moyen-Orient, prévoyez-vous de faire évoluer votre exposition / allocation sectorielle ?
Notre allocation reste équilibrée entre nos quatre piliers : Sécurité, Compétitivité, Innovation et Finance. Toutefois, les conséquences de cette crise nous incitent à renforcer le poids des sociétés pétrolières, notamment les pétrolières européennes dotées d'outils de raffinage, car leurs marges resteront structurellement élevées. Même avec la réouverture du détroit d'Ormuz, les dommages causés aux raffineries du Golfe Persique vont maintenir une tension durable sur l'approvisionnement.
Sur le plan tactique, nous avons accumulé une avance significative de 300 points de base par rapport à l’indice de référence MSCI EMU (NR)3 grâce à notre stock picking et notre allocation sectorielle. Nous restons néanmoins vigilants sur le secteur technologique et sur le secteur des matériaux : si les semi-conducteurs se sont distingués, les logiciels ont souffert et le titre minier Boliden a décroché de 30 % suite à la chute des cours des métaux.
Les enjeux de souveraineté européenne restent plus que jamais d’actualité, quelles sont vos convictions fortes pour le reste de l’année 2026 ?
Les affrontements larvés entre blocs resteront d’actualité, même si des cessez-le-feu venaient à être signés en Ukraine et au Moyen-Orient. La situation de Taiwan constitue également un risque géopolitique en suspens, le tout sur fond de remise en cause par le président américain de son adhésion à l’OTAN.
Les États européens, après 30 ans de sous-investissement dans la défense, doivent accélérer leur réarmement, et les sociétés de défense européennes doivent se mettre en ordre de bataille pour répondre à cette demande, en 2026 et au-delà.
Par ailleurs, les enjeux énergétiques sont au cœur des préoccupations actuelles, et le resteront : le choc iranien milite pour une relocalisation de capacités de production de produits raffinés, et une accélération de l’électrification de l’industrie.
De plus, en pleine révolution de l’IA, l’Europe a des avantages à faire valoir : l’IA ne peut se faire sans les équipementiers de semi-conducteurs européens.
Enfin, si 2026 est probablement une échéance trop courte pour voir avancer le dossier de l’Union bancaire, nous pourrions assister à une accélération de l’histoire sur la consolidation bancaire, y compris transfrontalière.
1Les informations sur les valeurs contenues dans le présent document ne peuvent en aucun cas être interprétées comme une opinion de Edmond de Rothschild Asset Management (France) sur l'évolution future des cours desdites sociétés, ni, le cas échéant, sur l'évolution probable des cours des instruments financiers que ces sociétés pourraient émettre. Toute information contenue dans le présent document ne peut être interprétée comme une sollicitation d'achat ou de vente de ces actions. La composition du portefeuille peut changer à l'avenir.
2Source : Bloomberg.
3Source : Edmond de Rothschild AM, données arrêtées au 07/04/2026. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps. Les chiffres de performance ne tiennent pas compte des frais et commissions encourus dans le cadre de l'émission et du remboursement des parts, mais comprennent les frais courants, les frais d'intermédiation et les éventuelles commissions de performance facturées.
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